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Le mot de Daphné
(Septembre 2016)

 

Chers membres,

Il y a des lectures qui fâchent ...

Exemple, l’autre jour, un article d’un confrère français dans une revue médicale de chez nous commençait ainsi un texte sur l’assistance au suicide :

«Refusant les modèles belge et néerlandais, opposé à la situation hypocrite qui prévaut en Suisse ...»
Diable, voilà qui est quasi injurieux pour notre pays …
En tous les cas, c’est mensonger !

La situation chez nous est claire et sans ambiguïté : le suicide assisté est une possibilité offerte à tout un chacun à certaines conditions. C’est une liberté qu’une majorité de citoyens plébiscite.

Qu’un confrère français nous donne des leçons m’a passablement énervée. Qu’il balaie devant sa porte !
Car c’est en France que l’hypocrisie s’étale. La situation des personnes qui sollicitent une aide à mourir est scandaleuse.
On y prône les «directives anticipées», mais aucun médecin n’écoute le patient qui peut encore s’exprimer, surtout s’il demande une aide à mourir.

S’il maintient sa demande, les médecins examineront, en réseau et en équipe, s’il remplit ou non, les conditions d’une sédation profonde.

Mais ceux qui demandent à mourir ne sollicitent pas forcément cette sédation qui peut durer plusieurs jours voire semaines, pourquoi personne ne les entend ?

Pourtant les Français ne sont pas différents des Suisses, bien des sondages l’ont démontré, ils aimeraient eux aussi pouvoir décider de leur mort, mais cela leur est refusé. En France, les souhaits du corps médical l’emportent sur les attentes de la population. Pour preuve ? Le panel de civils qui devait donner son avis lors de la consultation sur la loi sur la fin de vie.
Celui-ci était largement en faveur du suicide assisté. On n’en a quasi jamais parlé et tenu aucun compte.

La France républicaine serait très attachée aux libertés. Mais une liberté fondamentale, celle de pouvoir choisir sa mort n’existe tout simplement pas.

Après m’être bien énervée en lisant l’article de ce confrère, je suis tombée par hasard sur l’information suivante (site du Parisien) :
le parti socialiste français compte 135’833 militants au 1er janvier 2016, dont seulement 86’171 étaient à jour avec leur cotisation ...

Et la Suisse, petite puisque 9 fois moins peuplée que la France, compte aujourd’hui environ 126’500 adhérents (pour EXIT Suisse alémanique et Suisse romande) et 7’290 membres pour l’association Dignitas, soit au total :133’790 adhérents.

Amusant, non ? Cette nouvelle m’a raccommodé l’humeur !

daphne.berner@bluewin.ch                                                                                                               Dresse Daphné Berner


Lettre ouverte à Monseigneur Lovey

Monseigneur Jean-Marie Lovey,
J’ai lu votre article paru dans le Nouvelliste du 26 février 2016, intitulé il faut miser sur l’amour.
Vous avez raison sur ce point, qui peut vivre sans amour ?
J’ai bien compris que vous, lorsque vous serez en fin de vie, vous choisirez les soins palliatifs.

 

C’est normal, les soins palliatifs sont une bénédiction. Ils permettent très souvent de calmer les douleurs et permettent à de nom-breux patients en fin de vie de mourir sereinement.

Parmi nos membres certains choisissent les soins palliatifs, même ceux qui ont demandé une aide à mourir. Nous les rencontrons et les assurons de notre aide le moment venu. Beaucoup ne nous rappellent jamais et continuent à vivre, rassurés de savoir que nous viendrons s’ils le souhaitent et beaucoup meurent chez eux ou dans des unités de soins palliatifs.
Mais pourquoi interdire l’assistance au suicide à ceux qui ont choisi ce recours pour des raisons personnelles et bien souvent pour mettre fin à des souffrances intolérables ?

L’amour, Monseigneur, cela doit être léger, l’amour ne doit jamais peser, l’amour c’est rester aux côtés des personnes, même lorsqu’elles choisissent une voie qui nous paraît déraisonnable.
Il faut miser sur l’amour, mais l’amour ne suffit pas toujours et certains demandent quand même une aide à mourir. Parfois des patients quittent les soins palliatifs pour une assistance au suicide.

Tout cela arrive, pourquoi l’interdire ? Les avis, les croyances, les opinions sont divers, Monseigneur, comme la vie.
Certains membres très chrétiens m’ont dit : je suis sûr que le bon Dieu me comprendra. Ils ne disaient pas «me pardonnera» non,
ils ne s’excusaient pas, ils savaient que Dieu comprendrait. N’est-ce pas merveilleux ?

Le Valais dites-vous encore est un canton de vie, il ne devrait pas autoriser l’assistance au suicide dans les EMS. Croyez-vous vraiment que les cantons de VD, GE et NE qui ont admis que les résidents d’EMS avaient les mêmes droits que les personnes vivant encore à domicile sont des cantons de mort ?

Monseigneur, je vous le concède, votre position n’est pas facile : l’Eglise, le pape, sont hostiles à l’assistance au suicide, vous vous devez donc de la combattre. Mais votre combat ne devrait pas vous conduire à énoncer des contrevérités.
Vos chiffres sont totalement erronés et laissent entendre qu’il y aurait une déferlante d’assistances au suicide. Je vous renvoie à la statistique de l’OFS : globalement, les suicides en Suisse ont diminué depuis les années 1980. Et le nombre d’assistances au suicide se monte à environ 600 par an, ce qui représente 1% de tous les décès.

Monseigneur, sachez que les personnes que j’accompagne dans leur suicide assisté ne manquent pas d’amour, elles sont fort bien entourées, par leurs proches, leurs amis, leurs médecins et parfois même par des gens d’Eglise.

C’est Soeur Marie-Rose qui a raison : il faut laisser les gens libres de décider pour eux-mêmes ... Pourquoi Monseigneur empêcheriez-vous les valaisans qui ne pensent pas comme vous d’agir à leur guise ?

Accompagner, entourer, oui, mais sans arrière-pensée, sans embûche. L’amour oui, mais l’amour qui accepte la décision de l’autre, même si cette décision n’est pas celle que nous souhaitions pour lui.
                                                                                                                                        Dresse Daphné Berner
                                                                                                                                             2035 Corcelles 


Chers membres,

Vous avez certainement entendu parler de Gill Pharach, cette Anglaise de 75 ans venue mourir en Suisse avec l’association LifeCircle. Cela a ému dans son pays, chez nous aussi, et suscité bien des polémiques dans nos médias.
La presse en a fait ses choux gras et cette histoire a même eu les honneurs du 19.30 h., en ouverture du téléjournal de la RSR, et ce sujet fut traité pendant 8 minutes !


Septembre 2015

Pourquoi cela a-t-il tant ému, alors que le suicide assisté est admis en Suisse et accepté par une large majorité de la population ?

Pourquoi ? A cause d’une photo.

Bon, nous étions en pleine canicule, peut-être les neurones de nos journalistes étaient-ils un peu grillés ?

La photo était assurément très jolie : Gill Pharach y apparaît souriante, détendue, radieuse ont même relevé certains médias. Une très jolie photo, vraiment.

Et qu’a-t-on dit ? Une septuagénaire en pleine santé choisit le suicide assisté, pire encore, une septuagénaire en pleine santé préfère mourir plutôt que vieillir…

Mais comment ose-t-on dire des choses pareilles sans connaître cette personne ? Depuis quand fait-on un diagnostic sur photo ? Les journalistes ne sont pas médecins, mais ils n’ont pas hésité à nous laisser entendre qu’avoir accepté la demande de suicide assisté de Mme Gill Pharach était scandaleux, et que cette dame anglaise devait être soit très dépressive, soit un peu lâche au fond, puisqu’elle préférait fuir la vieillesse plutôt que de la supporter …

La Dresse Erika Presisig, qui a accompagné Mme Gill Pharach rapporte : elle était malade et ce depuis longtemps. Elle la connaissait, avait pris le soin d’aller la voir en Angleterre, elle avait parlé ave elle et son compagnon, elle avait lu ses rapports médicaux et pris contact avec ses médecins…

Mais la presse, sans rien vérifier du tout, nous a abreuvés d’a priori, de mensonges, et les a assénés avec force, pour qu’on finisse par les croire vrais. Jolie photo = pleine santé !

Ensuite, rien de plus facile que d’aligner les poncifs habituels de ceux qui sont hostiles au suicide assisté :

Le suicide assisté est trop facile, il suffit de boire une potion ;
Les associations d’aide à mourir sont trop laxistes, elles acceptent tout le monde, ne vérifient pas sérieusement si les personnes souffrent de dépression ou si elles ont bien leur discernement ;
Il faudrait revoir notre législation et faire en sorte que l’assistance au suicide soit l’affaire des médecins et comme ces derniers sont plutôt réticents, c’est tant mieux, il y aura ainsi un frein à cette déferlante ;
Il faudrait mieux définir dans la loi, les conditions médicales permettant une assistance au suicide, car la situation actuelle est insatisfaisante, elle n’existe qu’en Suisse…qui se distancie trop dans ce domaine de ce qui se fait dans les autres pays européens.

Au fond, rien de nouveau, on entend ces mêmes discours depuis bien longtemps !

Je m’interroge, qu’est-ce qui a tant dérangé dans le suicide assisté de cette femme qui ne voulait plus continuer à souffrir et ne pas attendre d’être encore plus diminuée ?`

Ce qui dérange ? Mais c’est tout bonnement sa liberté.

Heureusement que la Suisse se distingue des autres pays européens. Nous y sommes plus libres. C’est nous qui disons quand notre qualité de vie est devenue tellement insatisfaisante que nous préférons mourir.

Laissons notre législation comme elle est. La Suisse n’est pas frappée de léthargie parlementaire face à l’assistance au suicide,
nos 

parlementaires savent bien qu’eux aussi pourraient un jour vouloir bénéficier de l’aide à mourir,

Ne faisons pas de liste de maladie, chacun est différent et ce que l’un supporte, un autre ne le supporte ou ne le veut pas.

L’assistance au suicide est déjà, de facto, médicalisée, puisqu’il faut une ordonnance pour le pentobarbital. Ne rendons pas les choses plus compliquées en exigeant l’analyse de votre demande d’aide à mourir par des médecins spécialistes, en soins palliatifs, en psycho gériatrie ou en éthique clinique. Si une telle réglementation voyait le jour, je vous fiche mon billet, que ces médecins-là devront être certifiés, c’est à la mode, les certifications, mais une certification ne garantit pas du tout que ce spécialiste entendra et comprendra mieux votre demande d’aide à mourir que votre médecin traitant !

Le suicide assisté est une liberté, ne laissons pas quelques fâcheux contraindre l’Etat à nous la voler.

Les libertés individuelles….Quel Etat les bichonne et veille à ce qu’elles ne se réduisent pas comme peaux de chagrin pour ses citoyens ?

Nous avons beaucoup de parlementaires et pléthore de fonctionnaires, ces gens-là adorent concocter de nouvelles lois et régle-menter un peu tout, tous azimuts, restons donc très vigilants et surtout, ne nous laissons jamais faire.

Qui souhaite qu’on lui réduise sa liberté ?

                                                                                                                                                           Dresse Daphné Berner


Bien chers membres,

Lorsqu'un membre fait une demande d'aide à mourir (assistance au suicide), le secrétariat de l'association lui demande de rédiger une petite lettre manuscrite et de joindre un rapport médical, qui décrit son état de santé.

Souvent vous vous demandez, que dois-je écrire précisément pour que mon dossier soit accepté ?

Alors, comme vous avez peur de ne pas dire juste, ou simplement parce que vous n’avez pas l’habitude d’écrire des lettres, vous recopiez simplement la lettre type que le secrétariat vous envoie comme modèle.

Il y a quelque temps, J’ai rendu visite à une dame fort sympathique qui avait fait une demande d’aide à mourir. En préambule à notre entretien, elle a voulu me dire son malaise.

A la demande du secrétariat de l’association, elle avait recopié la 'lettre type' d’EXIT Suisse romande. Et m’a-t-elle dit, c’est un peu comme si l’on m’avait forcé à mentir. Car j’ai écrit : ma qualité de vie est devenue pour moi inacceptable. Vous voyez, c’est la fin du premier gros paragraphe de la lettre modèle.

Ma qualité de vie le sera peut-être bientôt, inacceptable, puisque ma maladie est incurable et peut s’aggraver brusquement. A ce moment-là, je vous appellerai et demanderai votre aide. Mais aujourd’hui, non aujourd’hui, c’est mentir que d’avoir écrit cela.

Comme je la comprenais bien, cette dame !

Quand on fait une demande d’aide à mourir, on le fait avec sérieux et l’on dit les choses posément et comme on les ressent. En un mot, on dit vrai. Et c’est important de parler vrai devant la mort, non ?

Cette dame avait donc envoyé à EXIT, une première lettre manuscrite, très personnelle, expliquant pourquoi elle sollicitait une aide à mourir.

Mais, recopier les termes suggérés par EXIT Suisse romande donne à certains l’impression de mentir un peu. Cette dame avait donc l’impression d’avoir menti et elle ne voulait pas mentir pour demander une assistance au suicide, car il est important d’être vrai dans les dernières choses que l’on fait.

Pourquoi le secrétariat vous demande-t-il parfois de récrire une lettre qui vous semble juste et très claire quant à vos raisons de vouloir mourir ? Vous avez pris du temps et beaucoup de soin à la rédiger cette lettre, vous avez bien réfléchi et soupesé chaque mot, tout vous paraît correct, adéquat... Alors pourquoi ?

Eh bien c’est tout simplement parce que dans votre lettre, deux éléments importants manquent.

1) Ma décision est mûrement réfléchie et je déclare que les personnes présentes lors de mon assistance
    au suicide ne sont nullement impliquées dans le choix de mon geste.

    Cette précision est nécessaire : il faut que vos proches comme les bénévoles de l’association ne puissent pas être soupçonnés
    de vous avoir influencé. Vouloir mourir est votre décision, toute personnelle, prise librement et sans pression d’aucune sorte.
    Il faut le dire pour «dédouaner» les personnes qui seront présentes le jour de votre décès.

    C’est un point qu’il faut donc toujours spécifier.

2) Je délie du secret médical tous les médecins qui m’ont prodigué des soins.

Cela aussi, il faut le dire. Il faut permettre aux médecins d’EXIT Suisse romande qui examinent votre demande de solliciter des compléments d’informations à vos médecins sans se voir opposer le secret médical. Et permettre aussi, le cas échéant, aux autorités de procéder à des vérifications quant à votre état de santé.

Conclusion de ce petit billet ?

A mon avis, sentez-vous libres, chers membres, tout à fait libres.

Il y a ceux qui n’ont pas le goût d’écrire, ou simplement peu l’habitude et qui craignent de faire faux ; ceux-là peuvent s’inspirer de la lettre modèle voire simplement la recopier. Ce n’est pas mentir, c’est demander une chose qu’on a de la peine à formuler soi-même.

Il y a celles et ceux qui veulent demander les choses à leur façon. Leurs lettres sont courtes ou très longues, mais elles expliquent très bien le pourquoi de leur décision.

A ceux-là, je conseille simplement de rajouter deux choses, l’une spécifiant que les personnes présentes ne sont pas impliquées dans leur choix, l’autre précisant qu’ils délient leurs médecins du secret médical.

                                                                                                                                                                       Dr Daphné Berner


Bien chers membres,

Les collaboratrices du secrétariat m’ont appris que vous êtes assez nombreux à solliciter une assistance à mourir en raison de polypathologies invalidantes liées à l’âge depuis que cette possibilité a été rajoutée à la liste des conditions.
Et vous seriez assez nombreux aussi à croire que dans ces cas là, le certificat médical n’est pas nécessaire. Rien n’est plus faux !
Pour chaque aide à mourir, EXIT doit constituer un dossier pour les autorités et ce dossier est le même pour tous :
attestation ou certificat médical décrivant votre état de santé et se prononçant sur votre capacité de discernement, donc sur votre capacité à décider en pleine conscience, lettre manuscrite de votre demande d’aide - ou acte notarié si vous n’êtes plus capable d’écrire - enfin, confirmation de votre qualité de membre d’EXIT, soit les conditions mentionnées en page 20 du journal No 61.

Les secrétaires de l’association m’ont également reporté qu’il y a beaucoup de demandes «urgentes», il y aurait même trop souvent des personnes qui deviennent membre un lundi et qui veulent mourir dans la semaine.
Ceci n’est pas réaliste, il faut avoir du temps devant soi quand on dépose une demande d’aide à mourir.
Du temps, parce que chaque dossier fait l’objet d’un examen par l’un des médecins conseils d’EXIT, et qu’il faut compter en moyenne une semaine voire 10 jours avant de savoir si votre dossier a été accepté. Du temps encore parce que le secrétariat confie alors votre dossier à un accompagnateur (trice) bénévole qui prendra contact avec vous et conviendra d’un premier entretien. Et nos accompagnateurs (trices) sont justement bénévoles, je vous promets, qu’ils ou qu’elles font de leur mieux et viennent le plus vite possible. Du temps enfin, parce que ce n’est qu’après cette rencontre que vous pourrez fixer, d’un commun accord, la date de votre mort.

La loi est limpide, EXIT fournit une assistance au suicide. Cela signifie que vous devez être capable de boire la potion, en l’occurence le pentobarbital. Lorsque la déglutition n’est plus possible, il y a des solutions : pose d’une perfusion avec ou sans appareillage électrique, mais vous devez pouvoir ouvrir seul le clamp de la tubulure ou au moins appuyer sur un bouton. Une perfusion, cela complique toujours un peu les choses, c’est pourquoi nous n’acceptons pas de poser des perfusions de confort, c’est-à-dire, juste parce que vous préféreriez ne pas devoir avaler une potion amère.

Autre chose encore : EXIT n’a pas beaucoup de médecins parmi ses bénévoles. L’association ne peut donc pas assurer à elle seule toutes les ordonnances de pentobarbital. C’est pourquoi nous prenons contact avec le médecin qui a rédigé votre certificat pour une aide à mourir. Si nombre d’entre eux vous comprennent, respectent votre volonté et acceptent de faire l’ordonnance nécessaire, beaucoup sont réticents et refusent, soit pour des questions d’éthique personnelle, soit par crainte de possibles ennuis avec la justice. Nous demandons alors à nos médecins de venir vous voir pour ensuite rédiger l’ordonnance. Cela aussi prend un certain temps.

Conclusion de ce petit billet ?

Nous faisons tout notre possible, de votre côté, chers membres, si vous pensez demander une aide à mourir, sachez que tout ne peut pas se faire vite, vite et comme par magie.

L’aide à mourir est apportée par nos bénévoles, nos médecins sont très sollicités et personne chez nous n’a le don d’ubiquité !               
                                                                                                                                      Dr Daphné Berner
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La Dresse Daphné Berner a été invitée sur la chaine de télévision 'CanalAlpha',
mercredi 5 novembre 2014, lien direct :
http://www.canalalpha.ch/actu/linvitee-du-journal-daphne-berner/
 

 


Les conditions pour une assistance au suicide

Chers membres, ces conditions, vous les connaissez quasi par cœur, j’imagine :

"Etre atteint d’une maladie incurable avec un pronostic fatal ou d’une invalidité importante ou encore, avoir des souffrances physiques intolérables."

Cependant, il m’arrive assez souvent d’être interpellée par des personnes très âgées qui aimeraient bien solliciter une assistance au suicide, mais qui n’osent s’y risquer, car «elles n’ont pas de maladie incurable», elles sont justes usées, et souffrent de mille petits handicaps, qui accumulés leur rendent la perspective d’une vie à continuer insupportable.
Je ne suis pas malade, c’est vraiment dommage, a confié une personne de passé 90 ans à une amie commune. Elle est aujourd’hui dans un home et c’est par hasard que j’ai appris qu’elle n’avait jamais rien osé demander à l’association dont elle est pourtant membre depuis près de 30 ans …

Mais je vous rassure de suite, chers membres, EXIT Suisse romande a élargi depuis quelques temps les indications d’une assistance au suicide, aux membres très âgés qui souffrent de polymorbidités invalidantes, car elles sont souvent beaucoup plus difficiles à supporter qu’une maladie mortelle.

Nos détracteurs diront : «Voilà, nous l’avions prédit, la pente glissante que nous redoutions est à l’œuvre … On commence par aider celles et ceux qui ont une maladie mortelle et on en arrive peu à peu à aider des gens juste parce qu’ils sont vieux». Et bien non, ils ne sont pas juste vieux, ils sont âgés et ont aussi mille et un handicaps.
Cela fait toute la différence !

René Leriche disait : «Il n’y a qu’une douleur facile à supporter, c’est celle des autres». Avez-vous remarqué que nos détracteurs sont en général des gens dans la force de l’âge qui ne savent pas ce qu’est la vieillesse encore moins l’extrême vieillesse ?

Je reprendrai ici les propos de Béatrice Deslarzes qui fut il y a quelques années, vice-presidente d’EXIT Suisse romande : «Qui refuserait une aide au suicide à une patiente ou à un patient de 95 ans souffrant de plusieurs pathologies souvent bien plus handicapantes qu'une grave maladie au stade terminal ?»

En tous cas pas moi comme médecin car il est important de respecter le choix de la personne et de lui accorder une mort digne (s’il la demande) pour éviter de finir ses jours grabataire dans une souffrance tant physique que psychologique toutes deux insupportables.
Qui mieux que soi-même peut savoir ce qui est supportable ou non ?

Je me souviens d’une dame très âgée dans un home du canton, elle avait sollicité EXIT, parce qu’elle avait des souffrances intolérables. L’infirmière du home m’avait dit : «sur l’échelle de douleurs, elle donne toujours 10/10, mais moi, qui suis une professionnelle, je vous dis qu’elle n’a pas si mal que ça, elle ne se comporte pas du tout comme quelqu’un qui souffre beaucoup : elle se rend volontiers à la salle à manger et aime bien jouer aux cartes ... !

Mais solliciter l’association EXIT, n’est-ce pas là un critère qui prouve qu’elle dit vrai ? La suite fut assez simple, on lui donna enfin une antalgie efficace et …. elle n’a plus recontacté EXIT.

On peut être très vieux et en pleine forme, rappelez-vous Stéphane Hessel, l’auteur de «Indignez-vous», il était plein d’allant, très joyeux et ne pensait pas du tout à mourir.

Mais on peut être très vieux et ne plus pouvoir se mouvoir sans aide pour les actes de la vie quotidienne, ne plus pouvoir lire, ne plus rien entendre, avoir mal un peu partout, et un beau matin, on se dit, je ne veux plus continuer ainsi, c’est vraiment trop pénible ... EXIT devrait vous tourner le dos au prétexte que vous n’avez pas de maladie mortelle ?

La fameuse pente glissante n’existe pas, EXIT n’aide personne juste parce que la vieillesse est là. Elle aide ceux qui demandent une assistance au suicide parce qu’ils souffrent de leur état.

Nos détracteurs sont-ils prêts à se rendre à leur chevet et à leur dire en les regardant droit dans les yeux :
«Vous devez continuer» ?

Amitiés à toutes et tous, chers membres, et au prochain bulletin !


 
A Neuchâtel, le 8 juillet 2013, un médecin a été condamné pour avoir prescrit du pentobarbital pour une assistance au suicide demandée par son patient de 89 ans … malade. Condamné pour n’avoir pas respecté l’article 26 de la loi sur les agents thérapeutiques (LPTh) et les directives de l’Académie des Sciences médicales (ASSM).

Suite à cette condamnation, je me suis demandé :
que faut-il faire pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas ?

Certes, le jugement n’est pas définitif, mais quand même… En attendant d’en connaître l’issue juridique, la situation des médecins qui collaborent avec notre association devient délicate et vraiment inconfortable, car une condamnation au pénal peut avoir des conséquences administratives, dont la plus sévère serait l’interdiction de prescrire des stupéfiants - donc le pentobarbital nécessaire - ou le retrait du droit d’exercer.

C’est un jugement qui inquiète : à entendre le procureur - et la juge lui donne raison - le médecin respectueux des règles aurait dû dire à son patient : «puisque vous refusez tout examen complémentaire et que je ne connais pas le diagnostic de façon précise, je ne peux pas vous aider, alors, au revoir Monsieur…» En clair, on recommande aux médecins d’abandonner leurs patients lorsqu’ils demandent une aide à mourir et que leur état de santé ne correspond pas strictement aux directives de l’ASSM pour l’assistance au suicide des patients en fin de vie …

Comment pourrions-nous aider les médecins prescripteurs ?

Faudrait-il, en plus de la lettre manuscrite que vous adressez au secrétariat lors d’une demande d’assistance, que vous en rédigiez une autre, plus personnelle, avec sur l’enveloppe scellée, bien en vue, la mention «à l’intention des autorités de poursuite» ?

Lettre qui aurait un titre : directives anticipées spécifiques et dirait en substance la chose suivante : C’est à ma demande que mon médecin, le Dr X me prescrit le pentobarbital, car j’ai demandé une assistance au suicide à EXIT. Je ne pense pas que m’aider jusqu’au dernier jour soit une faute méritant sanction ; un médecin ne doit-il pas rester au côté de son patient ? Je vous prie donc instamment de ne pas le poursuivre pour cette prescription. Naturellement, vous datez et signez ce billet. Cette lettre ne serait pas toujours nécessaire, mais peut-être utile pour certains dossiers.

Je ne sais pas si c’est une bonne idée, ni même si ce papier aurait la moindre valeur juridique, mais qui sait ?

Une chose est sûre, le récent jugement neuchâtelois se fiche comme d’une guigne de la volonté des patients !

Or aujourd’hui, on reconnaît la valeur des directives anticipées que les médecins doivent respecter.
Pourquoi seulement les médecins ?
Les juges ne devraient-ils pas aussi en tenir compte ?

En général, les directives anticipées sont utiles pour le jour où vous ne pouvez plus vous exprimez. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas entendre ce que vous dites ou écrivez quand vous pouvez encore le faire, non ?

J’attends la suite avec intérêt, mais j’espère bien qu’en appel, les juges retiendront la demande d’assistance au suicide du patient et acquitteront ce médecin.
                                                                                                                                                                      Dr Daphné Berner


EXIT et le risque d’une société mortifère     (Réflexions d’après votation)

Notre initiative ne demandait rien d’exceptionnel, simplement l’assurance que les pensionnaires d’EMS puissent solliciter une assistance au suicide aussi librement que les personnes vivant encore à domicile.

A ma grande surprise et déception, les vaudois ont préféré rogner un peu les droits de leurs aînés en institution. Il y aura un contrôle préalable par le médecin du home et les demandes d’assistance au suicide devront même semble-t-il être approuvées par l’équipe soignante, alors que nous n’accompagnons que des personnes capables de discernement.


Lors de débats, les adversaires à notre initiative ont souvent évoqué une «banalisation» de la mort. L’existence même d’EXIT serait dangereuse à ce point de vue.
La possibilité d’un suicide assisté, rend le suicide bien trop «facile» et il serait délétère de vivre dans une société où le suicide des personnes n’ayant pas une maladie mortelle incurable est admis.

Certes les assistances au suicide sont en augmentation. Pour la suisse romande, 17 en 2001, 66 en 2007 et 111 en 2011, mais cela me semble assez normal et s’explique fort bien.

Nous vivons toujours plus vieux et la médecine nous sauve de situations extrêmes, même à un âge fort avancé. Elle arrive quasi toujours à nous maintenir en vie. Mais à quel prix ?
Le plus souvent, avec des séquelles importantes et de lourds handicaps. Il faut bien l’avouer, le meilleur médecin ne peut pas réparer grand chose quand vous êtes très abîmé et très vieux.

Il me paraît donc normal que des personnes sollicitent une assistance au suicide quand elles voient que leur état ne s’améliorera jamais et qu’elles ont perdu goût à vivre parce qu’en plus elles ont perdu quasi toute leur autonomie.

Certaines ne supportent pas d’être devenues totalement aveugles, d’autres de ne plus pouvoir se mouvoir librement et beaucoup de ceux qui nous appellent nous font part que ce qui les décide, c’est que leur dépendance est devenue telle qu’elle abîme l’entier de la vie qu’il leur reste.

Dans des homes (EMS) on entend parfois ceci de la part des soignants : «Mais Mme X , hier encore elle riait avec ses voisines de table au souper …»
Comme si rire hier voulait dire que sa demande d’assistance au suicide n’est pas vraiment sérieuse et réfléchie.
Aurait-elle pleuré, l’on m’aurait dit «elle souffre vraisemblablement d’une dépression», laissant sous-entendre que sa capacité de discernement n’est peut-être plus entière.
Mais ce que j’ai vu en discutant avec cette résidente, c’est que son état l‘insupportait tant, qu’elle ne voulait plus de cette vie là.
Docteur, vous-même, ne seriez-vous pas un peu déprimé d’être dans le même état que Mme X ?

Autre reproche fait à EXIT lors de cette campagne : EXIT accepterait d’aider les «fatigués de la vie», par là il faut entendre, des personnes qui ne présentent pas de pathologies mortelles à brève échéance.

Cet état de fait conduirait inexorablement à une société mortifère prônant le suicide des personnes devenues dépendantes.

La vérité, c’est que personne n’est fatigué de la vie !
On est fatigué de vivre avec sa maladie et ses séquelles, de vivre avec ses handicaps, de supporter jour après jour des douleurs ou son impotence…et l’on trouve surtout que sa vie comme elle est là, ne ressemble plus du tout à une vie. Ce qui leur reste de vie, c’est un carcan, parfois même un calvaire. Un carcan dont on veut sortir, un calvaire dont on souhaite l’arrêt, quitte à mourir.

De quel droit un médecin pourrait-il dire à cet aîné ou ce résident, «mais non, voyez comme on vous entoure et comme on vous soigne bien, il vous faut encore continuer» ?
                                                                                                                                                             Dr Daphné Berner


L’initiative d’EXIT Suisse romande ne demande pas la Lune !

L’initiative d’EXIT n’est pas «inacceptable», elle ne demande pas de « réglementer la mort », elle souhaite simplement que les résidents d’EMS puissent agir comme s’ils vivaient encore chez eux.

Demander l’assistance au suicide, ce n’est pas un geste de désespoir, c’est une décision que certains envisagent lorsqu’il n’y a plus d’espoir. Ils veulent partir avant l’heure parce que ce qu’ils ont encore à vivre n’est plus vraiment une vie.

EXIT Suisse romande ne demande que l’égalité de traitement : ce qui est possible à domicile doit le rester en EMS.

Le contre-projet met les résidents d’EMS sous la tutelle du médecin de l’institution.
Pourquoi ? Pourquoi diable le gouvernement propose-t-il une réduction des droits des plus âgés ? Part-il du principe qu’un pensionnaire d’EMS n’a plus toute sa tête, que sa capacité de discernement est sujette à cation et qu’il ne peut donc plus décider librement ?

Las, les députés vaudois ont majoritairement accepté ce texte.
J’aimerais savoir combien d’entre eux ont réalisé que ce projet si raisonnable limitait les droits des pensionnaires d’EMS ? Et si certains s’en sont aperçus, j’aimerais qu’ils m’expliquent pourquoi ils estiment «raisonnable» de mettre ainsi leurs aînés sous tutelle.

Vaudois, rassurez-moi et dites
OUI à notre initiative et NON au contre-projet. Personne ne veut ni ne demande que l’on «réglemente la mort». Il n’est pas juste ni raisonnable de limiter les droits de vos aînés vivant en EMS.

Laissez-les donc s’exprimer, choisir et agir comme s’ils étaient encore à la maison, dites OUI à l’initiative.


Pauvres Aînés vaudois

Avez-vous lu le contre projet du DSAS à l’initiative législative «Assistance au suicide en EMS» ?                      

Quelques extraits du rapport explicatif :

- Les EMS, sont des lieux de vie, c’est “votre chez vous” comme disent les directeurs d’EMS, bien, c’est ce que vous
  croyiez ? et bien détrompez-vous !


- S’il n’est pas possible – et d’ailleurs pas forcément souhaitable – d’interdire l’assistance au suicide au sein d’EMS, il
  est par contre possible de fixer des conditions.

  Des restrictions au droit d’un résident de mettre fin à ses jours dans son lieu de vie peuvent en effet être envisagées
  aux conditions de l’art. 36 Cst qui permet de restreindre les droits fondamentaux.


Pourquoi moins de droits fondamentaux en EMS, le saviez-vous avant d’y entrer, vous avait-on avertis ?

Le respect de la volonté du patient ou du résident est fondamental dans la relation avec les professionnels de la santé.
Ben voyons, voilà qui rassure, pas vrai ?

A ce stade, il paraît donc important de relever que la demande du patient ou du résident ne va pas forcément déboucher sur une assistance au suicide mais qu’elle va permettre de l’accompagner dans une démarche visant à lui assurer la meilleure prise en charge possible.
La tâche principale de l’équipe responsable de la prise en charge du patient ou du résident est donc de faire en sorte
que toutes les ressources techniques et humaines puissent être sollicitées afin d’être certain que la solution ultime est
bien celle souhaitée et voulue par la personne.

En clair et très prosaïquement, cela veut dire la chose suivante: quand vous demandez un café, l’EMS vous répond, mais on sait bien que vous préférez la camomille …
Bref, on «interprète» vos propos”. Ce que vous dites, n’a guère d’importance car cela veut sûrement dire autre chose …

Enfin, le projet interdit au personnel … d’être là au moment de la mise en œuvre de l’assistance au suicide. Ainsi, alors qu’aujourd’hui la personne qui demande une aide à mourir peut mourir entourée des personnes qu’elle souhaite, dans
un EMS, vous devrez mourir seul si vous n’avez plus de famille.

Passons à l’examen de l’article 27 de la loi de santé proposé :
 
a) La demande de se suicider est persistante et émise librement par la personne concernée ;

b) Le médecin responsable du traitement hospitalier ou de l'établissement médico-social (EMS), en concertation
    avec l’équipe soignante, atteste que la personne concernée :

-   est capable de discernement pour ce qui est de sa décision de se suicider. Si le médecin suspecte que la demande
    est influencée par des troubles psychiques, il ordonne une expertise psychiatrique ;

-   souffre d'une maladie ou de séquelles d'accident graves et incurables ; et persiste dans sa volonté de se suicider.

En cas de doute ou s’il n’y a pas consensus sur la capacité de discernement, la situation médicale de la personne concernée ou sa volonté, le médecin doit obtenir un avis de la part d’un médecin agréé par le département sur la base d’une proposition des associations faîtières ;
 
c) des alternatives, en particulier celles liées aux soins palliatifs, ont été discutées avec la personne concernée ;
    à moins que celle-ci ne les refuse, les démarches nécessaires ont été entreprises et mises en oeuvre ;


d) à l’issue de la procédure, le médecin responsable s’assure que la demande de la personne concernée demeure
    persistante et se fonde sur un consentement éclairé ;


e) le médecin responsable établit un rapport portant sur les lettres
b à d ci-dessus et l’adresse à la direction médicale
    de l’établissement hospitalier.


Dans les EMS, ce rapport est transmis, pour avis, au médecin responsable d’un autre EMS désigné par l’établissement  


f) la direction médicale de l’établissement hospitalier ou le médecin responsable de l’EMS concerné statue sur la
   demande d’assistance au suicide dans un délai raisonnable. Si les conditions sont remplies, la direction médicale
   ou le médecin responsable en informe le médecin cantonal.


g) l’établissement peut exiger de la personne concernée, qui dispose encore d’un logement extérieur et pour autant
    qu’un transport soit possible, d’accomplir son geste ultime hors de l’établissement.

 
Quelle embrouille ! Que de complications, que d’embûches ! Tout est fait pour décourager la moindre demande.

Franchement, le canton de Vaud se trompe de siècle.

Pourquoi en EMS n’ai-je pas les mêmes droits qu’à domicile ?

Et qui me garantit que l’Etat s’arrêtera là ?

Demain, peut-être, une autre loi dira que l’aide à mourir ne peut pas être apportée au membre d’Exit qui vit à domicile
si ce dernier est suivi par les soins à domicile, sauf si « l’équipe » a donné son aval….

Et rien dans ce texte législatif ne laisse entendre que le point de vue des proches aurait une quelque prépondérance ...

Ce projet me laisse sans voix. Il se résume ainsi : En EMS, votre parole n’est vraiment entendue que si l’équipe
soignante le veut bien.

Aînés du canton de Vaud, révoltez-vous, refusez ce contre-projet, il vous infantilise et vous prive de
vos droits !


Le vrai tabou dans notre société n’est pas de parler de la mort, mais de la demander. (François de Closets)

Courage, ce texte n’a Dieu merci pas encore force de loi et n’entrera pas en vigueur si vous dites haut et fort votre indignation.

                                                                                                                                                            Dr Daphné Berner
 


Votre médecin et l’aide à mourir - Janvier 2011

Je n’aime pas le mot «assistance au suicide», je trouve que l’on devrait plus souvent parler d’ «aide à mourir» .
Parce que c’est cela que vous attendez d’EXIT A.D.M.D. Suisse romande, cher membre, une aide à mourir….

Les généralistes, nos médecins traitants sont à nos côtés dans la maladie et cheminent avec nous dans nos bons et mauvais jours. Ils nous accompagnent. Nous pensons aussi souvent  qu’ils seront là quand nous arriverons à la fin et qu’ils nous aideront à bien mourir.

Las, certains refusent … Dès que vous exprimez le souhait de partir avec EXIT, certains malheureusement vous laissent seuls.

Une situation toute récente m’a prouvé qu’il faut absolument éclaircir les choses avec son médecin traitant.
Faites-le sans tarder !

Votre médecin – celui que vous trouvez si gentil, avec lequel vous avez de vrais échanges et qui vous connaît depuis si longtemps, restera-t-il à vos côtés si vous choisissez de mourir avec EXIT ?

Il faut lui poser les bonnes questions :

- Docteur, si je demande l’aide d’EXIT, quelle sera votre attitude ?
- Docteur, si je vous le demande, établirez-vous rapidement le certificat médical nécessaire à l’association
  décrivant mon état de santé, mes handicaps ainsi que mon degré de discernement ?
- Docteur, si d’aventure je n’accepte pas les «soins palliatifs» que vous ne manquerez pas de me proposer,
  quelle sera votre réaction ?
- Estimez-vous que la façon dont je décède ne vous regarde plus vraiment si je maintiens mon souhait de
  faire appel à EXIT ?
- Docteur, si par malheur, je ne pouvais plus avaler au moment de ma demande d’EXIT, puis-je compter sur
  votre aide pour me faire poser une voie veineuse ?

Si votre médecin hésite ou reste dans le vague, il faut en changer – ce qui n’est de loin pas chose facile – ou en tirer
les conséquences : le recours à EXIT ne sera possible que si vous pouvez encore boire la potion vous-même.

Ce qui signifie, cher membre, que suivant votre pathologie, il ne faudra pas trop tarder …
C’est affreux de devoir donner ce conseil, «hâtez-vous». J’en suis vraiment désolée ... mais l’attitude de certains
médecins m’incite à vous dire que vous devez savoir si votre médecin sera de ceux qui restent à vos côtés quoiqu’il
arrive.

                                                                                                                                                           Dr Daphné Berner


Communiqué du Dr Daphné Berner - Décembre 2010

Suite à mon acquittement … Quelles sont les conséquences pour EXIT A.D.M.D. Suisse romande ?

AUCUNE ! Je n'ai pas respecté les règles de l’association pour une assistance au suicide, mais je me suis trouvée dans une situation unique et exceptionnelle !

Notre pratique reste donc inchangée, nous tenons à respecter la loi. En aucun cas nos bénévoles ne doivent céder aux pressions éventuelles qui pourraient surgir après ce procès médiatisé et accepter de «s'arranger» dans les situations limites. Il faut rester très clair : c’est à la personne elle même de faire le dernier geste : boire la potion, s’injecter le produit dans sa sonde gastrique, ouvrir la perfusion.

J'ai jugé que cette précision était primordiale pour notre association !
 


 
Mise à jour du : 16.12.2016 10:17

 

 

 

LE MOT DE DAPHNE BERNER - EXIT SUISSE ROMANDE - AIDE A MOURIR - ASSISTANCE AU SUICIDE - EMS - VAUD - REFUSEZ LE CONTRE-PROJET