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Pauvres Aînés vaudois …
Avez-vous lu le contre projet du DSAS à l’initiative législative «Assistance au suicide en EMS» ?
Quelques extraits du rapport explicatif :
- Les EMS, sont des lieux de vie, c’est “votre chez vous” comme disent les directeurs d’EMS, bien, c’est ce que vous
croyiez ? et bien détrompez-vous !
-
S’il n’est pas possible – et d’ailleurs pas forcément souhaitable –
d’interdire l’assistance au suicide au sein d’EMS, il
est par contre possible de fixer des conditions.
Des restrictions au droit d’un résident de mettre fin à ses jours dans
son lieu de vie peuvent en effet être envisagées
aux conditions de l’art. 36 Cst qui permet de restreindre les droits fondamentaux.
Pourquoi moins de droits fondamentaux en EMS, le saviez-vous avant d’y entrer, vous avait-on avertis ?
Le respect de la volonté du patient ou du résident est fondamental dans la relation avec les professionnels de la santé. Ben voyons, voilà qui rassure, pas vrai ?
A
ce stade, il paraît donc important de relever que la demande du patient
ou du résident ne va pas forcément déboucher sur une assistance au
suicide mais qu’elle va permettre de l’accompagner dans une démarche
visant à lui assurer la meilleure prise en charge possible. La
tâche principale de l’équipe responsable de la prise en charge du
patient ou du résident est donc de faire en sorte
que toutes les
ressources techniques et humaines puissent être sollicitées afin d’être
certain que la solution ultime est
bien celle souhaitée et voulue par
la personne.
En
clair et très prosaïquement, cela veut dire la chose suivante: quand
vous demandez un café, l’EMS vous répond, mais on sait bien que vous
préférez la camomille … Bref, on «interprète» vos propos”. Ce que vous dites, n’a guère d’importance car cela veut sûrement dire autre chose …
Enfin,
le projet interdit au personnel … d’être là au moment de la mise en
œuvre de l’assistance au suicide. Ainsi, alors qu’aujourd’hui la
personne qui demande une aide à mourir peut mourir entourée des
personnes qu’elle souhaite, dans
un EMS, vous devrez mourir seul si
vous n’avez plus de famille.
Passons à l’examen de l’article 27 de la loi de santé proposé : a) La demande de se suicider est persistante et émise librement par la personne concernée ;
b) Le médecin responsable du traitement hospitalier ou de l'établissement médico-social (EMS), en concertation
avec l’équipe soignante, atteste que la personne concernée : - est capable de discernement pour ce qui est de sa décision de se suicider. Si le médecin suspecte que la demande
est influencée par des troubles psychiques, il ordonne une expertise psychiatrique ; - souffre d'une maladie ou de séquelles d'accident graves et incurables ; et persiste dans sa volonté de se suicider.
En cas de doute ou s’il n’y a pas consensus sur la capacité de
discernement, la situation médicale de la personne concernée ou sa
volonté, le médecin doit obtenir un avis de la part d’un médecin agréé
par le département sur la base d’une proposition des associations
faîtières ; c) des alternatives, en particulier celles liées aux soins palliatifs, ont été discutées avec la personne concernée ;
à moins que celle-ci ne les refuse, les démarches nécessaires ont été entreprises et mises en oeuvre ;
d) à l’issue de la procédure, le médecin responsable s’assure que la demande de la personne concernée demeure
persistante et se fonde sur un consentement éclairé ;
e) le médecin responsable établit un rapport portant sur les lettres b à d ci-dessus et l’adresse à la direction médicale
de l’établissement hospitalier.
Dans les EMS, ce rapport est transmis, pour avis, au médecin responsable d’un autre EMS désigné par l’établissement
f)
la direction médicale de l’établissement hospitalier ou le médecin
responsable de l’EMS concerné statue sur la
demande d’assistance au
suicide dans un délai raisonnable. Si les conditions sont remplies, la
direction médicale
ou le médecin responsable en informe le médecin cantonal.
g)
l’établissement peut exiger de la personne concernée, qui dispose
encore d’un logement extérieur et pour autant
qu’un transport soit possible, d’accomplir son geste ultime hors de l’établissement. Quelle embrouille ! Que de complications, que d’embûches ! Tout est fait pour décourager la moindre demande.
Franchement, le canton de Vaud se trompe de siècle.
Pourquoi en EMS n’ai-je pas les mêmes droits qu’à domicile ?
Et qui me garantit que l’Etat s’arrêtera là ?
Demain,
peut-être, une autre loi dira que l’aide à mourir ne peut pas être
apportée au membre d’Exit qui vit à domicile
si ce dernier est suivi
par les soins à domicile, sauf si « l’équipe » a donné son aval….
Et rien dans ce texte législatif ne laisse entendre que le point de vue des proches aurait une quelque prépondérance
...
Ce
projet me laisse sans voix. Il se résume ainsi : En EMS, votre parole
n’est vraiment entendue que si l’équipe
soignante le veut bien.
Aînés du canton de Vaud, révoltez-vous, refusez ce contre-projet, il vous infantilise et vous prive de
vos droits !
Le vrai tabou dans notre société n’est pas de parler de la mort, mais de la demander. (François de Closets)
Courage,
ce texte n’a Dieu merci pas encore force de loi et n’entrera pas en
vigueur si vous dites haut et fort votre indignation.
Dr Daphné Berner
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Votre médecin et l’aide à mourir - Janvier 2011
Je n’aime pas le mot « assistance au suicide », je trouve que l’on devrait plus souvent parler
d’ «aide à mourir» . Parce que c’est cela que vous attendez d’EXIT A.D.M.D. Suisse romande, cher membre, une
aide à mourir….
Les
généralistes, nos médecins traitants sont à nos côtés dans la maladie
et cheminent avec
nous dans nos bons et mauvais jours. Ils nous
accompagnent. Nous pensons aussi souvent
qu’ils seront là quand nous arriverons à la fin et qu’ils nous aideront à bien mourir.
Las, certains refusent … Dès que vous exprimez le souhait de partir avec EXIT, certains malheureusement vous
laissent seuls.
Une situation toute récente m’a prouvé qu’il faut absolument éclaircir les choses avec son médecin traitant. Faites-le sans tarder !
Votre
médecin – celui que vous trouvez si gentil, avec lequel vous avez de
vrais échanges et qui vous connaît depuis si longtemps, restera-t-il à
vos côtés si vous choisissez de mourir avec EXIT ?
Il faut lui poser les bonnes questions :
- Docteur, si je demande l’aide d’EXIT, quelle sera votre attitude ? -
Docteur, si je vous le demande, établirez-vous rapidement le certificat
médical nécessaire à l’association
décrivant mon état de santé, mes handicaps ainsi que mon degré de discernement ? -
Docteur, si d’aventure je n’accepte pas les «soins palliatifs» que vous
ne manquerez pas de me proposer,
quelle sera votre réaction ? - Estimez-vous que la façon dont je décède ne vous regarde plus vraiment si je maintiens mon souhait de
faire appel à EXIT ? -
Docteur, si par malheur, je ne pouvais plus avaler au moment de ma
demande d’EXIT, puis-je compter sur
votre aide pour me faire poser une voie veineuse ?
Si
votre médecin hésite ou reste dans le vague, il faut en changer – ce
qui n’est de loin pas chose facile – ou en tirer
les conséquences : le recours à EXIT ne sera possible que si vous pouvez encore boire la potion vous-même.
Ce qui signifie, cher membre, que suivant votre pathologie, il ne faudra pas trop tarder … C’est
affreux de devoir donner ce conseil, «hâtez-vous». J’en suis vraiment
désolée ... mais l’attitude de certains
médecins m’incite à vous dire que vous devez savoir si votre médecin sera de ceux qui restent à vos côtés quoiqu’il
arrive.
Dr Daphné Berner
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