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Le 15 juin 2011 le conseil d’état vaudois a répondu à
une interpellation de Madame Véronique Hurni déposée au grand conseil le
15 mars.
Cette députée a dénoncé le cas d’une malade, membre de notre association,
qui a dû quitter le CHUV pour mourir à domicile afin d’obtenir
l’assistance au suicide qu’elle réclamait. La dame a laissé un écrit,
datant du jour de sa mort, où elle déplore l’attitude de certains médecins
du CHUV qui n’ont cessé de la harceler pour la faire changer d’avis, sans
aucun respect de sa liberté de choix.
Ce cas dénoncé dans la presse (24 heures du 09.03.2011) montre à
l’évidence la grève du zèle de l’institution face aux demandes d’auto-
délivrance en hospitalisation. Le CHUV s’enorgueillit de n’avoir eu en 5
ans qu’un seul cas d’assistance au suicide dans un établissement dépendant
de lui ; quelques rares procédures n’ont pas abouti.
On ne fera croire à personne qu’il y ait eu si peu de demandes
d’assistance au suicide dans le cadre hospitalier. Tout est fait pour
obliger le patient, gravement atteint, à rentrer à domicile, quelle qu’en
soit la difficulté, afin qu’il décède ailleurs et surtout qu’il soit ainsi
exclu de la statistique hospitalière. De même que l’institution
hospitalière doit être neutre par rapport à une demande d’interruption de
grossesse, elle devrait être neutre par rapport à une demande d’assistance
au suicide.
Dans sa réponse à l’interpellation "Hurni", le conseil
d’état nie les pressions que certains soignants exercent à l’encontre des
patients et de leur famille qui n’auront pas d’autre choix qu’accepter un
retour médicalisé à domicile. Cette épreuve supplémentaire imposée par
l’institution pourrait être évitée avec un zeste d’empathie et un esprit
de tolérance.
Plus grave encore, nous apprenons que les soins palliatifs sont considérés
comme une unité spécialisée au sein de laquelle l’assistance au suicide ne
peut pas être envisagée, puisqu'elle fournit une alternative efficace à
cette approche. Un patient transféré dans l’unité de soins palliatifs qui
va prochainement s’ouvrir au CHUV ne pourra donc pas requérir une
assistance au suicide dans cette unité. Il en sera informé avant son
transfert. On atteint là un sommet de l’hypocrisie et on veut nous faire
croire au Père Noël; on sait depuis longtemps, tant en Suisse qu’à
l’étranger, que les soins palliatifs ne peuvent pas faire disparaître
toutes les souffrances et que des demandes d’assistance au suicide
persistent. Notre association a dû aider à domicile des malades qui ont
été obligés de quitter les soins palliatifs de Rive-Neuve et d’Aubonne
pour mettre un terme à leur souffrance.
Les soins palliatifs sont une option que le patient peut essayer puis
quitter si ils ne le satisfont plus. Les soins palliatifs ne doivent
aucunement être une obligation ou une aliénation de la liberté et du choix
du patient.
Les soins palliatifs et l’assistance au suicide
devraient être complémentaires. On ne disposera réellement de soins
palliatifs de qualité que lorsqu'un patient pourra obtenir une assistance
au suicide dans le cadre des soins palliatifs sans être menacé de
l’épreuve d’un retour forcé à domicile qui lui occasionnerait ainsi qu’à
sa famille un stress supplémentaire et inutile dans une situation aussi
difficile.
La population vaudoise devra se prononcer dans quelques mois sur
l’initiative populaire déposée par EXIT A.D.M.D. Suisse romande pour une
assistance au suicide en EMS. Le département de la santé publique et le
conseil d’état vont proposer un contre-projet qui vise à unifier les
procédures pour les EMS et les hôpitaux, sur le modèle qui existe au CHUV.
Il sera donc primordial de rejeter ce contre-projet de l’état de Vaud qui
est un trompe l’oeil qui vise en fait à réduire la possibilité d’une
assistance au suicide en EMS.
Ce contre-projet est une autoroute favorisant l’acharnement palliatif et
le paternalisme médical.
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